Archive | septembre, 2013

Into the Wild

14 Sep

Mardi 3 septembre, Townsville, à plus de 1400 kms de Brisbane, nord est du Queensland,

Fin du road trip.

Je saute du taxi, j’embrasse mes compagnes de route. Mes lunettes cachent les larmes qui s’échappent le long de mes joues. Après 15 jours inoubliables de périple à sillonner la route en van, je pars explorer de nouvelles contrées, seule.

Dans le bus qui part de Townsville, je réalise que ma quête commence maintenant. Le défi, l’aventure, la vraie.

Je descends à l’arrêt de bus de Cardwell, petite bourgade à 2 heures au nord de Townsville qui se résume à une rue, quelques commerces et une station service. Je respire l’Australie profonde.

J’entends une femme qui me hèle, c’est Chris, la mère de famille avec qui j’ai convenu de rester quelques semaines pour l’aider dans les tâches quotidiennes de la ferme qu’elle possède avec son mari, Wes. Elle m’accueille chaleureusement, m’aide à porter mon sac. J’ouvre la portière de son pick up, une vieille Land Rover usée par les années. Deux chiens me sautent dessus et me lèchent le visage. Je me fraye un passage pour m’asseoir au milieu de bidons d’essence, d’objets poussiéreux et d’outils rouillés.

Nous nous enfonçons dans le bush australien. Des routes de terre désertiques, des montagnes, un paysage verdoyant, des prairies à perte de vue. Au bout d’une dizaine de minutes le pick up s’arrête. Je suis arrivée à la ferme.

Une bâtisse en bois recouverte d’une bâche. Pas de mur, tout est ouvert. Une « salle à manger », une « cuisine » sous un toit de tôles. Un peu plus loin, une « douche » et des toilettes faites de bois et de plaques en ferraille. Deux vieilles caravanes branlantes, des trésors laissés à l’abandon : d’anciens modèles de Mercedes, de Jaguar, un van, des carcasses de voitures, de bateaux. Une grange où règne un bazar sans nom. Des années d’accumulation et de stockage d’objets utiles et inutiles. Des chevaux en liberté, des chiens, des vaches, des serpents, des araignées, tout ce que la faune et flore australienne peut offrir de plus hostile.

Pas d’électricité ni d’eau courante, la vie ici repose sur un générateur qu’il faut remplir d’essence, démarrer chaque matin et éteindre chaque nuit. Pour avoir de l’eau chaude, il faut allumer le feu dans le poêle de la cuisine.

Chris m’explique qu’un cyclone a ravagé Cardwell il y a deux ans, toute la ferme a été détruite. Je comprends mieux maintenant.

Tout ça aurait pu me faire fuir, mais non. Le changement est radical et sans transition mais il est voulu. Je sens que je vais vivre ici les choses les plus incroyables et enrichissantes de ma vie.

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