Archive | La vie à Brisbane RSS feed for this section

Goodbye Brisbane

18 Août

Une première étape de mon voyage se termine. Il est temps d’explorer de nouvelles contrées et de partir à l’aventure. La vraie.

J’ai vraiment hâte, mais en même temps, cette routine que je cherche à fuir va me manquer. J’ai tout listé pour ne rien oublier.

  • La tranquilité de Brisbane, sa rivière, ses havres de paix
  • Les promenades en ville et le  centre que je connais par coeur
  • Les marchés colorés de fruits et légumes du mercredi
  • Les délicieux frozen yogurts de chez Noggi
  • La maison, mes compagnons de vie
  • Les bains de soleil au bord de la piscine
  • Les pancakes de mon petit déjeuner au soleil
  • Les cooking sessions collectives et les odeurs appétissantes de la cuisine
  • Ivan qui croque dans un navet comme dans une pomme
  • Le rire contagieux de Stephen, les fous rires collectifs
  • Apprendre le russe avec Alex, je sais dire « Bonjour, Bonne nuit, Quoi? » et presque compter jusqu’à 5
  • Les longues soirées sur la terrasse à refaire le monde et rigoler
  • Les tupperwares d’estomacs de poulet d’Ivan
  • Ecouter les milles et une histoires de Stephen
  • Ses plats dignes de grands chefs
  • Les tee-shirts improbables d’Alex
  • Le raffut de nos compagnons nocturnes les opposums
  • Les manières de Shayne et ses anecdotes pleines de nostalgie
  • Baisser et relever la cuvette des toilettes
  • Regarder des vidéos marrantes sur Youtube avec Stephen
  • Le confort de mon lit et l’immense dressing de la chambre
  • Le sourire d’Ivan
  • Les heures passées avec Alex à parler de tout et de rien
  • Ecumer les bars le samedi soir
  • Et bien sûr…

…Leslie. Ma fidèle compagne de voyage depuis le début de l’aventure. Rencontrée pour la première fois le 12 juin 2013 à l’aéroport de Roissy, on ne s’est plus quittées depuis. Mon rayon de soleil aveyronnais à l’accent chantant avec qui je partage tout depuis deux mois. Fruit du hasard, cette rencontre fait partie des plus belles choses vécues depuis que je suis ici.

Tu vas beaucoup me manquer roomie…

DSC_0191

…mais nos chemins se recroiseront quelque part en terre australe, c’est promis.

Et j’attends ma prochaine assiette d’aligot !

Leslie & l’aligot, une grande histoire d’amour :

photo 2

La paisible Brisbane river :

DSC_1271

DSC_1014

Le marché du mercredi. Des heures passées au milieu des fruits et légumes :

DSC_0366

DSC_0373

Mon péché mignon : le frozen yogurt de chez Noggi

DSC_0879

La maison, une petite bicoque sans prétention :

DSC_0153

La terrasse, théâtre de nombreuses soirées festives…

DSC_0388

20130817_074430

…qui mènent à ça : retrouver des inconnus dans son salon au petit matin :

20130817_074319

Mes pancakes au soleil :

20130815_092518

L’assiette de mon coloc Stephen, so british 🙂 :

20130802_183330

Le shot Hiroshima, une spécialité…russe ! :

20130810_224526

Awesome Roomies Night Out:

DSC_0199

Alex, Leslie & Stephen:

DSC_0188

Après plusieurs shots Hiroshima dans le sang…

DSC_0200

Funny faces contest. Stephen won:

DSC_0203

I will miss you roomies!

DSC_0225

CSC_0227

Publicités

Home sweet home

8 Août

Cela fait plus de deux semaines que mon quotidien est rythmé par le rire tonitruant de mon coloc anglais, les tee-shirts de Black Sabbath et les odeurs de steaks de kangourou grillés de mes colocs russes, les anecdotes du proprio, le franglish de ma roommate, et les soirées sur la terrasse à refaire le monde et rire des tares et fiertés de nos patries respectives.

Il y a dans cette maison des personnalités et des cultures différentes, des habitudes et un mode de vie parfois radicalement opposés, mais ici tout le monde se respecte et chacun apprend de l’autre. J’ai la chance d’être tombée sur des gars très chouettes, intéressants, cultivés, avec qui je rigole énormément. J’apprends beaucoup à leurs côtés.

Ivan, mon coloc russe, le garçon le plus sérieux et le plus droit de la Terre. Rustre au premier abord, il cache derrière une masse de muscles un coeur en or. C’est le chef de la maison, grâce à lui tout est nickel car personne n’a envie de l’énerver. Du coup on est tous très disciplinés. Je crois que je n’ai jamais autant fait le ménage de ma vie depuis que je suis ici.

Alexander, mon autre coloc russe dont l’accent très prononcé provoque des fous rires à souhait. Si j’ai parfois du mal à le comprendre, on arrive à parler philosophie, littérature, histoire, et à partager les mêmes goûts pour la musique pendant des heures.

Stephen, mon coloc anglais dont les éclats de rire font trembler les murs de la maison. Quand il s’y met, c’est crise de rire collective  assurée. Un grand gaillard qui respire la joie, toujours prêt à aider et dont les talents culinaires me laissent rêveuse. Moniteur de plongée, alpiniste, entrepreneur, du haut de ses 28 ans il a déjà tout fait.

Bienvenue dans la Maison du Bonheur.

20130730_125605

20130805_104735

20130727_194110

Soirée fictive

4 Août

Dimanche 28 juillet, 9h.

J’ouvre les yeux, j’ai la tête qui tourne encore. Sous le jet d’eau froide de la douche, je rassemble les souvenirs de la soirée d’hier.

20th Century Fox, paillette et maquillage, champagne, caviar, Stevie Wonder, Pinot blanc, poésie russe, Boy Georges, Grace Jones, Edith Piaf. J’essaie de trouver un sens à tout ça. Il n’y en a pas.

Quelques heures plus tôt…Samedi 27 juillet.

Je m’apprête à rejoindre Alex, mon coloc russe, dans un bar, lorsqu’on frappe à la porte. C’est Shayne, notre proprio, l’air enjoué, il me demande de l’aider sur son projet de réalisation d’un clip de musique. Il a besoin de traduire un script en français. Un truc sorti de nulle part mais je ne peux pas refuser. Je descends à son appartement, l’étage en dessous du nôtre.

Une ambiance feutrée, une décoration soignée, je pénètre dans le temple sacré d’un couple gay. Shayne est au fourneau, mousse de crabe, coriandre, toasts, caviar, champagne. Je sors sur la terrasse, un étrange personnage me salue.

Une cinquantaine d’années maquillée par les artifices, veste de rock star, gomina et coupe à la David Bowie, des yeux d’un bleu perçant soulignés d’un trait d’eye liner noir, un teint abîmé par une overdose d’UV et de substances illicites…Extrêmement maniéré et prononçant la moitié des mots, je ne comprends qu’une phrase sur deux. Ce que je retiens, c’est qu’il est producteur de films à la 20th Century Fox.

A l’intérieur de l’appartement, mes yeux parcourent les murs de photos. Grace Jones, Boy George, Stevie Wonder, à leurs côtés cette même personne dont le visage m’est vaguement familier…C’est Shayne, notre proprio ! Mais 25 ans en arrière, 10 kilos en moins et avec un look largement inspiré de ses idoles (Boy G. & Grace J.).

Des anecdotes, des histoires surprenantes et insensées, les heures défilent, les bouteilles de champagne et de Pinot blanc aussi. On refait le monde, on boit, on rit. Shayne, chanteur professionnel dans sa jeunesse me chante « La Vie en Rose » dans un français parfait. J’applaudis, le regard luisant, je regarde avec émotion cet homme rongé par la nostalgie d’une époque dont il n’arrive pas à guérir.

En montant me coucher, je croise mon coloc Alex qui revient de soirée. Il commence à me lire des poèmes d’amour russes qu’il essaie de traduire en français.

Fiction ou réalité ? Ivre de fatigue, je me laisse tomber dans les bras de Morphée.

Flashback

28 Juil

Pour Lise.

Eté 2002, Saint Germain de la Grange.

Comme tous les mercredis soir, la mère de ma meilleure amie passe nous prendre à la sortie du volley. Nous rentrons à l’appartement place de St Ger. On dévore une pizza chacune et on s’enferme dans la chambre.

C’est dans cette pièce que nos convictions, rêves et espoirs de jeunesse sont nés. Dans le repère d’une chambre d’ado, entre les fringues, les posters, les livres, la guitare, et les CD’s, deux teenage refont le monde.

A une période de la vie où l’on se cherche, c’est dans la musique que l’on s’est (re)trouvées. Les Pixies, The Doors, Smashing Pumpkins, Nirvana, Radiohead, Led Zeppelin, Pink Floyd, Janis Joplin, Portishead…J’ai mémoire de soirées passées à danser en petite culotte, 1664 à la main, à se déchaîner sur du Korn ou à pleurer sur du Leonard Cohen, « Dance Me To The End of Love »…

En écoutant « Hotel California », nous nous imaginons tailler la route en van, planches de surf sur le toit, perdues dans des contrées désertiques à regarder le soleil se coucher, des rêves plein la tête et l’esprit bouillonnant de liberté…

Aujourd’hui, plus de 10 ans après, il est temps de conquérir ce rêve de jeunesse. Dans quelques semaines, nous sillonnerons la côte est australienne, en van…

Happy 29th birthday my old friend!

40694_421531653650_5431638_n

Picking & helping…

23 Juil

J’ai fait le choix d’embrasser la liberté et de suivre mes convictions. Le plus dur est de savoir comment s’y atteler. Mais j’ai trouvé.

Je vais fuir la ville pour aller « fruit picker ». Cueillir des fruits, ramasser des légumes, les trier, les emballer. Tailler des arbres, des vignes, planter, élaguer…de quoi abreuver ma soif de durs labeurs mais au moins à l’air libre et dans des endroits à se damner.

C’est un travail bien payé, souvent au rendement et en fonction des produits récoltés. A moi de tout donner dans mes futurs containers de melons, paniers de pommes, cageots de tomates, barquettes de fraises, de cerises et j’en passe…un travail harassant mais qui fait partie de mon aventure.

Je me suis aussi inscrite au « Help Exchange », un programme de travail bénévole qui répond aux convictions et valeurs qui me tiennent à coeur.

Vivre une experience humaine unique au sein de familles australiennes. Les aider dans leurs tâches du quotidien, découvrir leur mode de vie, contribuer à le rendre meilleur. Etre au plus proche de la nature, loger dans des fermes reculées, des plantations, des ranchs. Nourrir des animaux, construire des enclos, bricoler, accomplir des choses improbables et insoupçonnées. Il est là mon dépaysement, le vrai.

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux« . Marcel Proust, A la recherche du temps perdu.

Looking for freedom…

17 Juil

J’ai refusé le poste.

Je n’ai pas quitté une routine, un confort, pour reconstruire cette bulle ailleurs. Pas maintenant.

J’ai trop soif d’aventures, de découvertes, pour m’engluer dans un quotidien où nos convictions les plus fortes tendent à se diluer avec le temps. Une belle maison en ville, une coloc parfaite, un travail bien payé…j’ai failli me laisser tenter.

Cette irresistible faculté à recréer son cocon, ici ou ailleurs, est devenue quelque chose que je fuis avec envie et plaisir. Le voyage est un électro-choc qui me rappelle que je jouis d’une liberté qui n’a pas de prix. Je ne veux pas oublier la quête que je me suis promise.

J’ai besoin de découvrir tout ce que je peux découvrir, d’atteindre mes limites, de les repousser.

J’ai besoin de me réveiller à l’aube pour contempler le lever du jour, je veux travailler sous un soleil de plomb pour sentir l’effort d’un dur labeur, je veux vivre le quotidien de familles qui habitent dans des contrées perdues au fin fond de l’Australie. Je veux dormir à la belle étoile, tailler la route en van. Je veux me nourrir de paysages, de terres, de mers, de rencontres. Je veux assister à toutes les douceurs que la nature peut offrir et avoir le privilège de partager avec elle ses moments les plus intimes.

Je veux une vie simple et belle.

Un toit et des sous !

15 Juil

Cela fait un mois que je suis à Brisbane. Après l’euphorie de l’arrivée et ses dépenses sans compter, la naïveté du novice qui se fait avoir sur les prix et la virée aux Whitsundays, la réalité me rattrape. Le bail de l’appartement se termine et il faut renflouer les comptes car la vie est chère ici.

Après des heures passées sur Gumtree, la bible du backpacker pour la recherche d’un logement/travail, des jours de porte à porte, cv sous le bras à quémander un boulot auprès de boutiques, restaurants et fast food en tout genre, les premiers résultats tombent.

Nous avons trouvé une maison immense avec piscine et terrasse…à partager avec un mexicain, un russe et un couple de gays. Beaucoup d’anecdotes en perspective.

Côté travail c’est le monde à l’envers. J’avais dans l’idée de trouver un petit boulot dans la restauration, avant de tailler la route fin août. Je m’étais dit « easy ». Et bien non pas easy du tout. J’ai tapé à la porte de mille restaurants : « Sorry we aren’t hiring right now, come back in a month ».

Le seul retour positif que j’ai eu est pour un poste qualifié dans une grosse boîte. Une annonce à laquelle j’avais postulé en ligne un soir, pour la forme. Un CDD de 5 mois minimum très bien payé à Brisbane, avec multiples avantages…forcément vu comme ça c’est génial.

Mais en y réfléchissant, est-ce vraiment ce dont j’ai envie là maintenant ?